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Les disparus de KarlCenter - Le choix d’une vie

Dernière mise à jour : 16 mai

Antoine Roussel, collaboration spéciale

15 mai 2024


Ceci est le quatrième chapitre du roman d'Antoine Roussel. Vous n'avez pas lu les trois premiers?




Chapitre 4

Le choix d'une vie

 

Geral


Réouvrant les yeux, Geral sentit un mal crâne le prendre d’un coup. Persuadé d’être mort, il ne comprenait pas pourquoi il y avait plus de 50 personnes l’encerclant.


-        Euh… où suis-je et qui êtes-vous ? dit-il déboussolé.

-        Nous sommes très fans de vous, monsieur Pots, dit l’homme le plus près de lui.

-        Des fans ? répéta-t-il, troublé.


Un peu plus tard, il sut par l’intermédiaire d’une très gentille fille du groupe qu’il était l’héritier illégitime du trône anglais et très populaire sur Internet. Malgré son statut de bâtard [1], il était positivement connu à travers le globe.


Ne comprenant guère ce qui se passait, Geral vit soudain un homme très familier, voire trop familier vêtu de noir. Cependant, impossible de mettre un nom sur ce visage. Pendant que des dizaines de demandes d’autographes jaillissaient de tous les côtés, la vedette essayait temps bien que mal de se rapprocher de l’inconnu en noir pour mettre un nom sur le corps. Soudain, les deux hommes se croisèrent du regard et le protagoniste perdit aussitôt connaissance.


Lorsqu’il se réveilla, Geral était dans une pièce des plus étranges. Des couvertures blanches servaient de mur et seulement le lit sur lequel il était allongé formait le mobilier de la pièce.

 

 ***

Nassime


De son côté, Nassime, dans la mystérieuse chambre, se rappelait à peine la veille. Le lit sur lequel il était possédait des taches jaunes surement dues à de la moisissure, mais également des draps blancs comme la neige. Un magnifique lustre argenté illuminait la petite pièce. Le miroir du mur Est le reflétant lui donnait un sentiment de mal-être des plus désagréable. En le regardant, Nassime remarqua une sorte de coffre à sa droite. Tournant la tête pour mieux distinguer l’objet, l’athlète discerna entre deux morceaux de bois son propre nom écrit au crayon-feutre. Ne comprenant pas ce qu’il se passait, il prit son courage à deux mains et l’ouvrit.


C’était bien ce qu’il croyait; l’objet disposé à ses côtés était bel et bien un cercueil. À l’intérieur, les poignets couverts de sang, car écorchés jusqu’à l’os, un corps inanimé lui fit pousser un cri d’effroi. Un bouquet de fleurs en main et un costume trois pièces en guise de vêtements, le mort devint alors énigmatique pour l’étranger. Ses yeux remontèrent machinalement pour voir le visage de ce malheureux. La dépouille de mort était en fait la sienne. Il crut immédiatement que ce dernier était un doppelganger [2], car ils se ressemblaient comme deux goûtes d’eau. Le vivant referma violemment le couvercle de la boîte et courut comme une gazelle hors de la chambre. Mais, avant d’abandonner le lieu, il remarqua des traces brunes semblables à du sang séché et il vit également une lame rouillée au pied de la porte, ce qui lui fit comprendre que quelqu’un l’avait sans doute tué.


***

Violette


Oracle lui annonça très clairement que dans chacune des boîtes se logeait une malédiction différente et qu’elle avait le privilège de choisir (à l’aveugle) la sienne. Là où, durant 220 ans, elles étaient distribuées aléatoirement. Elle choisit la deuxième boîte et Oracle lui annonça que sa grand-mère lui avait laissé un bonus avant de disparaître comme elle en avait souvent l’habitude. Violette ne sachant pas son choix et, surtout, ne connaissant pas ledit « bonus » laissé par Rose Bérubé, se laissa porter par un violent vent. La maudite arriva à peine à reconnaitre l’endroit dans lequel elle se trouvait. Elle reconnut tout de même les lampadaires éteints de la fête foraine annuelle. Reprenant ses esprits, Violette distingua la voix d’un homme qui, selon ses raclements de gorge, avait sans doute la cinquantaine.


-    Hey… qui êtes-vous et que faites-vous ici? D’ailleurs, comment êtes-vous entrée? C’est fermé, mais, on ouvre demain si vous le souhaitez, proposa l’inconnu.

-    Je … désolée monsieur, mais, moi-même je ne sais pas ce que je fais ici, répondit la nouvelle arrivante.

-    Bin y’a le commissariat à côté si vous voulez, c’ta droite. Par ailleurs, je m’appelle Ben. Et vous? dit le demi-centenaire.

-    Me… merci, m’sieur. Je m’appelle Violette, ravie de vous rencontrer, peinait-elle à dire.


Ben était son oncle, mais il était surtout connu comme le dernier des disparus originels. Violette eut soudain un flash de tous les souvenirs d’elle et son oncle. Sanglotant de nostalgie, monsieur Bérubé posa sa main en signe de réconfort.

-  C’est drôle, ma nièce se nomme comme vous la connaîtriez v-vous par hasard ? questionna le monsieur.


L’étrangère se retourna alors et, dès que ses yeux ambre croisèrent ceux de Ben, son héros se pétrifia en devenant pierre. Paniquée, elle fuit les lieux, laissant la statue à la nature. Courant jusqu’à essoufflement, la fugitive arriva dans une toute petite clairière. Une chaumière désaffectée bordait le côté sud du lieu. Un miroir était accroché au mur nord de l’habitation, d'où elle se vit instantanément. Une peau écailleuse comme celle d’un lézard, des pustules de crapaud sur les bras, des mains palmées et une chevelure de serpent remplaçaient l’ancien visage de démon de cet être par un autre plus frappant.



Se dégoutant elle-même avec cette apparence de gorgone, la brute mit son capuchon, couvrant ainsi totalement son visage de qui que ce soit.

 

Mardi 19 juin 2023 09:38

La nuit avait passé lorsque l’atrocité sortit de sa tanière. Elle pensait encore à sa grand-mère et le plaisir qu’elle eut à la revoir. Ses réflexions l’accompagnèrent jusqu’en ville.

 

[1] Né hors mariage. Mot de sens similaire : illégitime, 2. N'est pas de race pure. Chien bâtard ou (nom masculin) un bâtard. « Dictionnaire: Larousse »

[2] Doppelganger : mot allemand signifiant sosie ou double d’une personne vivante.


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