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Féminisme, nom masculin - Anna André


En vérité, je savais depuis très longtemps que le féminisme résonnait dans mon âme. J’ai été très jeune poussée à me bâtir mes propres opinions et à ne pas suivre la foule d’idéologies populaires comme celles du patriarcat présentes partout, même dans des pays se disant pour l’égalité des sexes comme le nôtre, le Canada.


J’ai appris à discerner les sous-entendus cachés derrière des évidences comme dans le mot “humanité”, qui intègre les “hommes” de ce monde et non “les humains” de ce monde. Alors, même à la fin du mois de mai 2020, je ne savais pas quoi faire pour mon projet personnel. Je le voyais comme un fardeau. J’ai ouvert les yeux et j’ai réalisé beaucoup de choses l’été passé, dont l’envie de me joindre à la bataille qui dure depuis des centaines d’années.


Mon but est d’inciter la société, plus particulièrement les jeunes, à s’intéresser au mouvement grandement controversé et incompris, de même qu’à ouvrir les yeux, peut-être, de certaines personnes.

Tout cela s’est fait à l’aide d’une revue que j’ai moi-même écrite suite à de nombreuses heures de recherche. Moi aussi, auparavant, je pensais que féminisme rimait avec “égalité salariale” et parfois même avec “suprématie des femmes”. Mais plus je grandissais, plus des subtilités au niveau de l’inégalité dans tous les domaines de la vie s’incrustaient dans ma tête sans même que je les comprenne. C’est en faisant mes recherches, cette année, que j’ai pu comprendre ce qu’elles voulaient dire et comprendre certains moments de ma vie, bons comme mauvais, qui resteront gravés dans ma mémoire.


J’ai appris que mon produit, ma revue, ne servait presque seulement qu’à moi. Elle m’a permis de me découvrir moi et de me comprendre autant l’adolescente de 17 ans que je suis que la fillette de 8 ans qui ne comprenait pas ce qu’elle voyait et ce qu’elle vivait en tant qu'être humain de sexe féminin. J’ai fait la paix avec un passé troublé et ça me permettra juste d’avancer plus sereinement. J’ai aussi réalisé que le concept de projet personnel est surtout là pour nous faire écrire un rapport et un journal de bord. Ma superviseure m’était d’une grande aide pour rédiger mon rapport de 3500 mots, mais elle ne m’a pas obligéeà lui partager ma revue de 40000 mots. Cependant, tout ce travail acharné est une bonne pratique pour le cégep ainsi que l’université. Bien que ce soit très éprouvant et trop embelli à mon goût, ceci représente le résultat de dur labeurpour mieux s’organiser et gérer son temps, son énergie et son niveau de stress.


Le principal défi que j’ai dû surmonter est la charge de travail. Évidemment, cela dépend de chaque projet personnel, mais le mien m’a poussée à lire cinq livres dont un qui contenait plus de 400 pages et à écrire une revue de 40 000 mots, en plus de réaliser la mise en page lors de la dernière journée avant la remise, où j’ai travaillé plus de 10 heures là-dessus pour finir dans les temps! Tous les soirs, lorsque je n’étais pas dans un de mes quarts de travail, je lisais et rédigeais pendant plus de deux heures en plus de mes devoirs à faire. Le week-end, mon projet personnel me prenait entre six et huit heures de mon temps. Également, je n’ai pas réellement eu de vacances de Noël tant j’avais du travail. Mais encore une fois, j’avais mis la barre très haute.



Au début de l’année, j’avais dit à ma superviseure que je voulais écrire une revue de 40 000 mots. Malheureusement, elle m’a dit que je devais plutôt me concentrer sur une partie du féminisme, qu’il ne fallait pas que je sois trop générale et que je réduise le nombre de mots,sinon je risquais de me décourager et de me perdre. Alors, j’ai baissé ma barre de mots à 8000. Lors de la remise, j’avais en main une revue de 16 000 mots. Je ne pouvais pas écrire moins, je m’étais rendue compte que 8000 n’était pas assez. Elle l’a acceptée, heureusement, et cela m’a permis de me rendre compte que personne ne contrôlait vraiment mon produit. Mon rapport, mon journal de bord, tous les documents que je devais signer étaient contrôlés. On en parlait, je partageais toutes les pages de mon rapport à ma superviseure. Par contre, pour mon produit, je faisais mes propres choix. Finalement, je n’ai pas écrit 8000 mots, ni même 16000, mais bien les 40000 mots que je désirais écrire! Je savais que j’étais capable et oui, j’ai été générale. J’ai écrit sur la philosophie, la biologie, l’anatomie, l’histoire du féminisme, les causes du sexisme etses conséquences, j’ai aussi inclus des témoignages de femmes venant de partout dans le monde et j’ai aimé ça. Je ne me suis pas perdue, au contraire, je me suis trouvée. Je n’ai pas remis le produit de 40 000 mots, car j’avais peur que quelqu’un le sache. Alors, j’ai donné ma revue de 16 000 mots comme je devais le faire à la bibliothèque de mon école. Par contre, j’ai en mainma véritable revue, écrite, complète et je suis réellement fière de moi de ne pas avoir abandonné!


Première de couverture
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